Et le logging !

La dernière carotte est certes bien arrivée à bord mais le travail continu, et commence même pour Trévor et Johanna ! Nos 2 « loggers » à bord, qui travaillent toujours en décalé par rapport aux scientifiques travaillant directement sur les carottes. En effet, ce qui les intéresse, c’est lorsque le puits est libre, prêt à accueillir des outils de mesure qui descendent via un câble dans le puits de forage. Les outils utilisés sont de plusieurs types et généralement associés à la suite le long d’un train de tige de 10 à 20 m selon le nombre d’outils.

Le caliper, muni de plusieurs bras qui se déploient dans le trou, mesure la largeur du trou, c’est notamment un outil de contrôle de la qualité des données mais aussi un outil de contrôle de sécurité (stabilité du puits).

On mesure également la résistivité, c’est-à-dire la conductivité plus ou moins bonne dans les fluides interstitiels contenus dans les formations. Les niveaux sableux contiennent plus de fluides que les formations argileuses, et s’il s’agit d’eau, celle-ci réagit très bien à cette mesure, en ‘conduisant’ plus ou moins le courant induit par l’outil par rapport au fluide utilisé dans le forage et lors du logging. On peut donc facilement repérer les niveaux sableux et argileux, les mesurer et les corréler aux carottes. Cette corrélation log/carotte est essentielle pour évaluer la quantité et la nature des sédiments potentiellement perdus (non prélevés) entre chaque carotte (10 m). Cela est d’autant plus vrai dans les niveaux sableux, plus difficiles à prélever dans leur intégralité entre deux carottes ou lorsqu’on change d’outil de forage. Le logging est donc un outil essentiel pour évaluer la continuité des sédiments prélevés et décrits.

On mesure aussi la radioactivité naturelle (rayons gamma), celle-ci étant généralement plus élevée dans les niveaux argileux. C’est à nouveau un outil qui permet de discriminer les différences de lithologies (tailles des sédiments). La porosité et la densité sont également mesurées directement dans le puits. Tous ces paramètres renseignent sur les caractéristiques physiques des sédiments, des différentes strates sédimentaires et permettent de lier le prélèvement à la description des sédiments effectivement prélevés.

Enfin, deux autres outils utilisent les ondes acoustiques pour caractériser les paramètres physiques des sédiments. Le principe consiste à envoyer des ondes dans les sédiments puis à mesurer le temps de réponse pour connaître les vitesses acoustiques (log sonique), directement liées à leur densité, porosité, composition, fluides interstitiels, etc. L’un des outils délivre et mesure ces ondes acoustiques directement dans le puits. Le second (VSP) mesure les ondes dans le puits, celle-ci étant délivrées à la surface de l’eau, proche du navire par des canons à air (photo). Or dans le cadre d’études géologiques régionales, on utilise des images des géométries sédimentaires produites à partir de ces mêmes ondes acoustiques, à la manière d’une échographie (image sismique). Cela permet de comprendre les dépôts et leur relation, d’identifier des failles, des discontinuités, etc. Les données obtenues à partir du VSP permettent de transformer sur ces images le temps de transit des ondes en profondeurs.

L’ensemble de ces mesures prend une dizaine à une vingtaine d’heures selon la longueur du puits, l’acquisition se faisant en descendant les outils dans le puits puis en remontant. Tous les outils remontés, puis la balise de localisation et ce sera le grand départ vers la terre ferme.