Eau, gaz et sédiment… toute une histoire

Que font les géochimistes à bord ? Jin, Alexandrina, Madelline et David analysent les caractéristiques des eaux interstitielles du sédiment, des gaz et de certaines fractions du sédiment.

Les eaux interstitielles sont les eaux contenues dans le sédiment, entre les particules. Pour les étudier, ils procèdent à de véritables perfusions du sédiment (photo) et lorsque le sédiment est plus sec ou induré, celui-ci est placé dans une presse qui compresse le sédiment jusqu’à relarguer l’eau interstitielle (photo). On mesure dans ces eaux, notamment les teneurs en chlore et en sodium (salinité), en CO2 (acidité/alcalinité). Des changements de composition peuvent révéler la présence de nappes d’eau douce ou des eaux sursalées venant de niveaux de sels plus profonds, ou encore des sources d’eau chaude (hydrothermalisme) liées à l’activité de failles, des circulations de fluides latérales ou verticales.

Le prélèvement pour l’analyse des gaz se fait dès l’arrivée de la carotte à bord, grâce à une seringue (photo) puis le sédiment est placé dans des flacons sertis. La présence de gaz (méthane, éthane, propane, etc.) dans les sédiments peut révéler également la présence d’une poche de gaz ou des circulations latérales ou verticales, mais est  surtout utilisé pour des raisons de sécurité. Si leur présence augmente trop, on peut être amené à stopper rapidement le forage.

On analyse aussi directement le sédiment pour connaître la teneur en calcaire (CaCO3, coquilles d’organismes par exemple) mais aussi le carbone organique ou l’azote. Ces deux derniers éléments sont caractéristiques de la matière vivante et leur rapport entre eux nous indique si la matière organique contenue dans le sédiment est d’origine purement marine (plancton par exemple), ou résulte d’apports terrestres (microfragments de végétaux par exemple), ou encore d’un mélange. Des changements au cours du temps permettent d’évaluer les fluctuations des processus d’apports : productivité marine accrue, crues de fleuve, mélange par les courants, etc.

La chimie des sédiments, des eaux interstitielles et des gaz complète l’histoire sédimentaire des forages étudiés.
 

Comments

J' ai toujours rien compris,

J' ai toujours rien compris, pourtant je fais des efforts, mais c' est formidable. Bises et bonne année. Michèle et Patrick Ouziel.