Vive la sédimentologie !

Le labo de « lithologie » ou encore de « sédimentologie » est le lieu où toutes les sections de chaque carotte de chaque puits sont décrites.

Lorsque les sections sont ouvertes (séparées en 2), on commence par les scanner (photo haute résolution) puis on les passe sur un banc où des mesures automatisées sont effectuées : la susceptibilité magnétique et la réflectance couleur (voir photo). Ce dernier paramètre mesure, et donc quantifie, les changements de couleur du sédiment, et complète donc la description visuelle. C’est une mesure particulièrement utile pour détecter les périodes où il y a plus de carbonates (plus de coquilles calcaires d’organismes) ou encore plus de minéraux riches en fer oxydé (couleur rougeâtre). Ces changements sont souvent liés à des changements de sources du sédiment (plus d’apports des fleuves, conditions favorables au développement d’organismes marins à coquille calcaire, apports de poussières transportées par les vents, etc.). Et ces changements peuvent être difficiles à détecter à l’œil nu.

Après ces différentes mesures, on passe à l’essentiel : la description visuelle du sédiment (voir photo). Cela consiste à décrire les différents types de sédiments observés, la taille des grains (moyenne et maximale), dessiner les contacts entre ces différents sédiments, leur évolution, leur couleur, s’il y a eu des perturbations liées au forage, l’intensité des bioturbations (terriers d’organismes fouisseurs), etc. Cette description, reportée sur des feuilles de description types, est complétée du nom exact de chaque sédiment : la lithologie.

Ce nom exact, même s’il est évalué lors de la description visuelle, est confirmé à l’aide de frottis, réalisés très régulièrement. Une petite quantité de sédiment, prélevée à l’aide d’un cure-dent et dans chaque niveaux différents repéré à la description, est diluée dans une goutte d’eau sur une lame de verre puis couvert d’une lamelle de verre collée grâce à de la résine. On peut alors observer le sédiment au microscope et évaluer ce qu’il contient (identification des principaux minéraux, organismes, tailles des particules, etc.). Les pourcentages issus de ces observations nous donnent un nom de lithologie. Par exemple une argile silteuse calcaire ou un sable argileux ou encore une vase à nannofossiles.

La succession de ces lithologies et surtout le type de contact qui peut exister entre elles nous indiquent les processus de dépôt : contact net à érosionnel = fort courant de type événementiel (ex. turbidite ou avalanche de sédiments), contact graduel avec de nombreux terriers = changement de la force du courant mais sur une longue période de temps (ex. contourite ou dépôt sous l’influence d’un courant de fond, voir précédent post « contourite ou turbidite ? »), etc.

Ces données sont ensuite reportées dans un logiciel spécifique qui peut générer des dessins synthétiques.

Dans certains cas, les yeux et la loupe ne suffisent plus et les sédimentologues envahissent le labo de micropaléontologie pour y regarder de plus près directement la section à la loupe binoculaire (voir photo) ! C’est loin d’être le plus pratique !

On peut traiter ainsi 200 m de sédiment par 24h et on n’est pas trop de 10 pour réaliser ce travail : Craig, Cristina, Nishi, Satoshi, Larry, Roger, Futoshi, Yasu, Jun et moi-même.

Je ne suis pas du tout objective, mais la sédimentologie est vraiment la meilleure partie !
 

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Datation des sediments

Qui s'occupe de la datation des sediments ?
Pierre